« Si l’on considère qu’une intégration monétaire n’est pas viable sans une intégration des politiques financières publiques, il faut se demander si cette dernière ne s’apparente pas alors à une forme de fédéralisme financier susceptible d’ouvrir la voie à un fédéralisme politique et par suite à une perte d’autonomie des États et de leurs collectivités territoriales. » Selon l’analyse de Michel Bouvier, c’est le caractère politique des finances publiques qui doit être mis en avant en premier lieu si l’on souhaite aborder correctement le deuxième aspect si crucial aujourd’hui, celui de leur équilibre. L’organisation des systèmes financiers publics a toujours une portée politique, elle est même souvent le creuset de la création des pouvoirs politiques. En l’espèce, il apparaît crucial de cesser de considérer les acteurs et les structures qui composent le système financier public comme des éléments indépendants les uns des autres, voire antagonistes. Il faut rompre avec une conception cloisonnée de l’État et de l’action publique, une conception qui ne reconnaît pas, et a fortiori ne les formalise pas, les multiples interactions et la multirationalité qui caractérisent les sociétés contemporaines. Il n’est plus pertinent de concevoir de manière isolée les diverses institutions publiques ou privées qui forment une société. Il est même devenu nécessaire d’identifier le décalage qui peut exister entre le contexte actuel et des institutions administratives et politiques qui ont été conçues et déterminées, en leur temps, par la nécessité de cloisonner les acteurs et les structures ainsi que par une approche verticaliste du processus de décision.