La prospective des territoires

Longtemps on a reproché au Premier ministre son absence de projets sur la décentralisation. Avec les accords de Matignon sur la Corse, le discours de Lille, puis le débat d’orientation du 17 janvier dernier, enfin le projet de “démocratie de proximité”, le gouvernement avait repris l’initiative. A droite aussi, en prévision des prochaines échéances, les réflexions vont bon train. Pourtant, qui ne sent la fragilité de ce regain ? Les incertitudes qui pèsent sur le dossier corse, le caractère « fourre-tout » du texte sur la démocratie de proximité et l’ambiguïté même de ce concept, ne contribuent guère à éclairer l’avenir. Quant aux questions « stratégiques » désormais posées — veut-on donner un fondement constitutionnel à la décentralisation ? —, elles restent encore sans réponse. Les candidats à l’élection présidentielle sauront-ils surmonter le poids des lobbies, et, au-delà du prêt-à-porter programmatif, être porteurs d’une « vision » de l’Etat moderne décentralisé ?