Rares sont les territoires, aujourd’hui, qui échappent aux « risques », naturels ou anthropiques, et rares sont les élus qui n’ont à y faire face. Or, gérer risques — l’incertitude ou la menace — implique d’avoir le courage de procéder à une analyse critique de nos pratiques, à une évaluation de nos vulnérabilités, et d’accepter des contraintes supplémentaires de sécurité. Il s’agit d’intégrer le paramètre « risques » au cœur de l’action publique locale, notamment en matière d’urbanisme et de développement économique — en commençant par les “cartographier” et les appréhender (de plus en plus) à l’échelle du bassin de vie intercommunal. Mais faire face aux risques c’est aussi, parfois, savoir se préparer à la catastrophe et en tirer les leçons... Aux élus qui trouveraient que le pessimisme n’est guère « vendeur » et qui rechigneraient à engager une « real-politic » de maîtrise des risques (par la réglementation et le contrôle), il faut rappeler qu’en cas de catastrophe, le décideur verra de plus en plus sa responsabilité (morale et juridique) engagée — et que la question des conditions dans lesquelles la solidarité nationale doit s’exercer est déjà posée... On le voit : la marge est étroite pour les responsables locaux. Mais après les inondations de l’Aude, de la Somme, du Gard et l’explosion de l’usine AZF (entre autres) l’heure est aussi à certaines avancées courageuses du droit. Le projet de loi Bachelot semble se situer à la hauteur des enjeux. Encore faut-il qu’il ne soit pas vidé de sa substance et qu’il entre rapidement dans les faits...