Après l’annonce d’une hausse significative des impôts locaux, réputée être l’une des « tares » de la décentralisation (mais sa logique même n’implique-t-elle pas plus d’impôts locaux et... moins d’impôts d’Etat ?), on a entendu une nouvelle fois dénoncer des transferts de charges « sans réelles compensations » et « l’impopularité de l’impôt ». Rien n’est plus vrai. Mais cette «vérité» ne correspond, pourtant, on le sait, qu’à une partie de la réalité — l’autre étant la connivence perverse qui existe, par défaut, entre l’Etat et les collectivités pour la survie d’un système dont chacun déplore par ailleurs l’opacité et l’absurdité, qui produit de l’irresponsabilité, creuse les inégalités et entretient la dépense publique. Faut-il s’en étonner ? La réforme annoncée des finances locales ne semble guère vouloir viser que cet objectif d’une « maîtrise » des dépenses publiques : elle n’aura pas pour vocation de jeter les bases d’une réforme fiscale ambitieuse — qui passerait sans doute aujourd’hui par un partage des impôts modernes entre Etat et régions. Même le transfert d’une part de la TIPP (lire à ce sujet les articles de R. Prud’homme et N. Utivaraise) pourrait s’avérer moins évident qu’il y paraît... Reste à savoir si cette décentralisation-là ne risque pas d’apparaître de plus en plus comme une fiction... ?