Pouvoirs Locaux et l’Institut de la décentralisation ont souvent rappelé l’importance pour la décentralisation française d’une structuration politique des espaces urbains — en particulier à travers la démocratisation de l’intercommunalité —, et il nous est arrivé plus d’une fois de déplorer un manque de courage politique en la matière. Mais nous n’avons jamais opposé « l’urbain » et le « rural », au contraire ! L’un des enjeux majeurs d’une intercommunalité « fédérative » et de la politique des “pays”, n’était-il pas de préserver et de renforcer les liens des arrières pays “ruraux” ou des espaces “rurbains” avec les villes ? Certains ne manqueront pas de reprocher au gouvernement, qui annonce une série de mesures ambitieuses en faveur du monde rural, une certaine disparité de traitement avec l’“urbain”. Les mutations du monde rural, où l’agriculture est devenue minoritaire, exigent à l’évidence de repenser fortement les politiques nationales et locales si nous voulons préserver les espaces sensibles et favoriser les initiatives de développpement de certains territoires. Or, les villes ont évidemment un rôle à jouer dans cette politique... si on leur en donne les moyens. Souhaitons que les consultations qui vont s’engager et les textes qui vont être élaborés et discutés au Parlement s’inscriront dans cette perspective de « réconciliation » du rural et de l’urbain...