Villes nouvelles : le tournant du politique

Avec la disparition d’Olivier Guichard, au début de cette année, c’est tout à la fois une époque qui s’achève et un style qui se perd — celui d’une certaine élégance à la fois altière et bonhomme dans l’exercice du pouvoir, où la compétence et la rigueur allaient de soi, où un certain vertuisme gestionnaire n’avait pas encore ligoté la liberté souveraine du politique. Le nom d’Olivier Guichard, gaulliste de la première heure, reste étroitement associé aux heures de gloire de la DATAR. Mais il ne fut pas seulement un grand commis de l’Etat. Il avait aussi la passion des territoires, celle de la France au pluriel. Régionaliste convaincu — il faut relire son fameux Rapport Vivre ensemble, vibrant plaidoyer en faveur de la décentralisation, aussi courageux que lucide —, Olivier Guichard fut un militant de la régionalisation au sein de sa propre famille politique, n’hésitant pas à regretter à haute voix qu’on y tienne toujours les présidents de régions pour des « Néron en puissance ». Il faisait partie de ceux qui espéraient — sans trop y croire...—, que “l’Acte II” donnerait enfin aux régions les moyens institutionnels, politiques, juridiques et financier de leur ambition...