Désaccord des associations d’élus avec le projet de loi sur l’autonomie financière, incertitudes sur le financement de la décentralisation avec les réformes de la TP, de la DGF et de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, interrogations sur l’avenir du « contrat de croissance » entre Etat et collectivités : « l’Acte II » donne aujourd’hui la pénible impression d’une réforme en perte de sens et de crédibilité, non seulement embourbée dans l’imbroglio du débat financier et fiscal mais aussi dans ses propres limites, dans ses lacunes ou ses ambiguïtés, dés lors qu’il n’opérait pas de choix clairs et à “effet immédiat” — ni dans le sens d’une simplification territoriale, ni en faveur d’un véritable leadership régional, ni au profit d’une vraie démocratie d’agglomération. Au-delà des indispensables arrangements et arbitrages financiers et fiscaux qui accorderont pour quelques années un nouveau « sursis » aux collectivités locales, c’est — qui ne le voit ?— l’ensemble de notre système territorial qui, par asphyxie et conservatisme, touche à sa fin. Après le triomphe de la gauche aux dernières élections régionales, la question est donc désormais posée de savoir qui va relever le défi d’une nouvelle ambition pour la décentralisation et en faire l’un des thèmes politiques majeurs de la prochaine élection présidentielle ?