Démocratie territoriale : enjeux, défis, urgences…

Certains journaux, cet été, ont raillé les velléités du nouveau président de la région Languedoc-Roussillon de rebaptiser sa région « Septimanie », renouant ainsi avec une appellation du haut Moyen Age. Au-delà des polémiques politiques locales et des controverses autour de la personnalité de Georges Frêche, cette initiative aura eu au moins le mérite de secouer un débat territorial menacé de torpeur après la fin peu glorieuse de “l’Acte II”. Mais elle soulève aussi deux questions de fond. La première concerne la place de l’identité et de la culture dans la dynamique de construction politique des régions — et tout indique qu’elle sera, à l’avenir, beaucoup plus importante que dans la première phase d’une décentralisation réduite à une simple « administration territoriale de la République ». La seconde concerne le rôle croissant de l’image (ou du « label ») dans tout projet stratégique. Quand on voit l’importance qu’attachent les grandes entreprises à certains changements de nom, on ne voit guère pourquoi il conviendrait de critiquer a priori le projet de “Septimanie” — même s’il est vrai que le nom d’une région doit être consensuel et faire l’objet d’une appropriation par les citoyens eux-mêmes...