La bataille de chiffres et d’arguments autour des hausses d’impôts décidés par les nouveaux exécutifs régionaux est emblématique de la fin du consensus qui avait longtemps entouré les avancées de la décentralisation en France. Hausse d’impôts locaux « scandaleuses » de régions ayant décidé d’« outrepasser leurs compétences » — ou simplement destinées à « compenser les désengage- ments de l’Etat » et à faire face aux « urgences sociales » ? Face aux accusations de s’être livrés à des hausses fiscales « irresponsables » et « pénalisantes » pour les contribuables, les présidents de régions font valoir qu’elles seront « infinitésimales » (entre 3 et 9 euros par an en moyenne). De fait, elles devraient n’avoir qu’un impact financier assez relatif dans la mesure où la fiscalité régionale représente seulement 8% de la fiscalité locale. Reste à savoir quel en sera l’impact « psychologique » dans un contexte de hausse tendancielle de l’ensemble de la fiscalité locale — alors que l’Etat joue la carte de la « vertu », et que l’idée même de décentralisation reste fragile ... ?