La très forte mobilisation sucitée par l’appel d’offres des « pôles de compétitivité » — plus d’une centaine de projets présentés — en dit long sur la formidable capacité d’initiative de nos territoires et constitue une bonne nouvelle à l’heure où l’emploi demeure, partout, une préoccupation et un défi. Certes, en faisant le choix de labéliser, cet été, 67 de ces « pôles », l’Etat a pris le risque de poursuivre une politique d’enlisement de ses propres capacités de financement dans une logique de « saupoudrage » dont on connaît la faible efficacité — là où un choix plus sélectif (mais peut-être moins rentable politiquement...) aurait permis une concentration plus « stratégique » des moyens (1,5 millard d’euros répartis sur la période 2006-2008). Mais l’essentiel n’est peut-être pas là — car si chacun s’accorde à reconnaître la qualité des candidatures déposées, et l’intérêt de continuer à encourager la dynamique de terrain née des appels à projets, qui ne voit que le véritable enjeu est celui d’un renouveau ambitieux du développement local, aujourd’hui bridé par l’absence d’une vraie capacité territoriale de coordination stratégique, d’investissement et de décision en matière économique. Bref, il manque toujours à l’Etat le levier essentiel d’une décentralisation rénovée : en l’occurrence l’appui décisif que pourraient apporter le transfert aux régions de la compétence économique et une vraie réforme de la fiscalité...