Les tabous de la décentralisation

Cette contribution s’adresse à ceux qui pensent que « la Révolution, le Consulat et l’Empire n’auraient fait que s’inscrire dans une évidente continuité centralisatrice » ou encore que la création des préfets en 1800 serait une simple renaissance du rôle autrefois dévolu aux intendants ». Michel Biard nous entraîne à remettre en cause bien des lieux communs qui dans l’inconscient collectif français nous poussent à croire que nous avons toujours vécu — que ce soit sous les Bourbon, les Jacobins ou Napoléon Bonaparte — avec un État centraliseur. Dans les provinces de l’Ancien régime, le conflit portait-il entre centralisation et désir d’autonomie des provinces ou bien sur une lutte pour l’exercice des prérogatives royales ? Les découpages territoriaux des Constituants visaient-ils à décentraliser ou à chasser « l’esprit de province » ? Jacobins et Montagnards étaient-ils idéologiquement de véritables centralisateurs ?Notre « État jacobin » existe-t-il ? Les circonstances et les tournants de l’Histoire redonnent du sens et chassent du même coup les idées erronées et chargées d’anathèmes.