En France, il est admis que « L’État est le seul détenteur de cette vérité qu’il est seul capable de promouvoir sous le nom d’intérêt général » même trente ans après l’adoption des premières lois de décentralisation et près de vingt ans après celle du principe de subsidiarité pour organiser l’administration territoriale de la République, constate Bruno Rémond. Et de regretter que « la force des idées reçues l’emporte encore et toujours, alors même que la décentralisation a largement fait ses preuves ». Que faire pour aller au bout de la décentralisation et simultanément enfin réaliser la réforme de l’État tant attendue ? s’interroge Bruno Rémond. « Il faut réaliser la fin logique de la logique de l’État jacobin, devenue... illogique et pour ce faire, en premier lieu, concevoir autrement le processus politique fondamental et ce qu’est la définition normative des finalités et des modalités des actions publiques. » L’auteur préconise d’introduire une certaine diversification territoriale des normes juridiques adoptées par des élus du suffrage universel direct. Cependant, « la concrétisation de cette option, la seule apte à permettre de parachever la décentralisation et à lui donner pleinement son sens politique alors qu’elle se limite actuellement à une réalisation réduite aux acquêts, purement administrative sinon simplement managériale, impose de faire sauter un certain nombre de verrous culturels, constitutionnels et institutionnels ».