Les imaginaires d’un futur désirable : plongée dans les aspirations des Français
La promesse de progrès infini portée par la modernité s’essouffle. Défiance envers les institutions, fatigue démocratique, épuisement écologique : nos imaginaires collectifs semblent en panne. Mais au-delà du constat, Guénaëlle Gault invite à regarder ce qui germe dans les aspirations françaises. À partir des travaux de L’ObSoCo, elle met au jour trois grands modèles d’avenir — techno-libéral, identitaire-sécuritaire et éco-solidaire — entre lesquels se dessinent des tensions mais aussi d’étonnantes convergences. Loin d’une société fragmentée, les Français expriment une même quête d’autonomie, de cadre, de proximité et de sens. Et c’est peut-être à l’échelle locale, là où l’abstraction du politique retrouve un visage, que pourrait s’inventer un nouvel imaginaire commun, capable de réconcilier liberté individuelle et désir de collectif.
Le malaise ne suffit plus
Le malaise dans lequel est aujourd’hui plongée notre société est indéniable et n’en finit plus d’être commenté. Au-delà de son analyse qui, souvent, ne fait qu’exacerber le sentiment d’impuissance, il apparaît important — et urgent — de nous concentrer sur autre chose : le champ des possibles.
Car la plupart des observateurs en conviennent : nous vivons l’épuisement de l’utopie moderne. Cette grande promesse selon laquelle la libération des forces de la raison induirait une dynamique continue de progrès – économique, social, politique. Les symptômes de cette crise sont manifestes : défiance généralisée envers «le système», désir de table rase, multiplication des dystopies dans nos imaginaires collectifs.
Mais quelle pourrait être la vision d’un avenir désirable ? Quel projet alternatif indiquerait un sens,…