L’Europe au village. Les élus européens dans les conseils municipaux français
Depuis le traité de Maastricht, les citoyens de l’Union européenne résidant en France disposent du droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales. Pourtant, cette catégorie d’élus demeure encore largement méconnue, tant du point de vue de ses caractéristiques sociales que des
conditions d’exercice du mandat. À partir de données quantitatives inédites et d’enquêtes de terrain, cet article propose, au lendemain des élections
municipales de mars 2026, d’éclairer les modalités d’accès à ces fonctions électives, les inégalités qui les structurent ainsi que les expériences concrètes de ces conseillers municipaux européens. Il met ainsi en lumière
une forme spécifique de participation politique, située à l’intersection des dynamiques locales et du projet européen.
Plus de 6 300 résidents étrangers issus d’un pays membre de l’Union européenne se sont portés candidats lors du premier tour des dernières élections municipales françaises. Ils étaient déjà près de 6 000 lors des élections municipales de 2020, et près de la moitié d’entre eux avait effectivement été élue. Depuis le Traité de Maastricht de 1992 ces citoyens étrangers issus d’un État membre bénéficient du droit de vote, mais aussi d’éligibilité, aux élections locales et européennes dans leur pays d’accueil (Shaw, 2007). Cette disposition vise à favoriser l’intégration et la participation civique des citoyens européens considérés comme « mobiles » au sein de l’espace politique européen. À ce jour, on sait encore peu de choses sur cette catégorie de candidats et d’élus. Le programme de recherche ECREMEE vise précisément à renseigner leurs…